La dernière phrase d’une lettre de motivation pour un stage concentre une part disproportionnée du jugement du recruteur. C’est la formule finale qui reste en mémoire, celle qui précède la signature et qui donne le ton de la prise de congé. Sur ce point précis, les candidatures étudiantes accumulent des maladresses qui ne relèvent ni de l’orthographe ni de la structure, mais d’un décalage entre le registre choisi et le contexte du stage visé.
Formule finale de lettre de motivation : pourquoi le registre compte plus que la formule elle-même
La plupart des guides proposent des formules toutes faites, souvent interchangeables. Le problème n’est pas l’absence de modèles, c’est leur utilisation sans discernement.
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Une candidature pour un stage en cabinet d’avocats n’appelle pas le même niveau de formalisme qu’une candidature dans une start-up du numérique. Les guides récents, comme celui publié par MakeMyCV en juin 2025, insistent sur l’adaptation au destinataire plutôt que sur une phrase passe-partout. La formule de politesse en fin de lettre de motivation répond à des normes strictes, mais le choix du registre doit coller au secteur et à l’interlocuteur.
Un « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées » fonctionne dans un courrier adressé à une direction des ressources humaines d’un grand groupe. La même phrase, envoyée par mail à un responsable marketing d’une agence de dix personnes, crée une distance inutile.
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Erreurs fréquentes dans la formule de politesse d’une candidature de stage
Certaines erreurs reviennent dans la majorité des lettres de motivation pour stage. Elles ne sont pas toujours évidentes pour le candidat, mais un recruteur qui lit des dizaines de courriers par jour les repère immédiatement.
Confondre « sentiments » et « salutations »
La règle classique veut qu’on n’exprime pas ses « sentiments » à une personne de rang supérieur du sexe opposé dans un contexte formel. En pratique, pour un stage, la formulation la plus sûre reste d’utiliser « salutations » ou « considération » plutôt que « sentiments ». Préférer « salutations distinguées » à « sentiments distingués » évite un faux pas que certains recruteurs relèvent encore.
Mélanger tutoiement et vouvoiement dans la conclusion
Quand le corps de la lettre vouvoie le recruteur et que la formule finale glisse vers un ton familier (« Au plaisir d’échanger avec vous, à bientôt ! »), l’effet est celui d’un relâchement. La cohérence de ton entre le premier paragraphe et la phrase de clôture doit être totale.
Copier-coller une formule sans vérifier la civilité
Écrire « Veuillez agréer, Madame, » alors que le destinataire est un homme, ou l’inverse, signale une candidature bâclée. Quand l’interlocuteur est identifié, la civilité de la formule finale doit correspondre exactement à celle de l’en-tête.
- Vérifier que la civilité (Madame ou Monsieur) dans la formule de clôture correspond à celle de l’appel en début de lettre.
- En cas de doute sur l’identité du recruteur, utiliser « Madame, Monsieur, » dans la formule plutôt que de deviner.
- Ne jamais abréger en « Mme » ou « Mr » dans la formule de politesse finale : les formes complètes sont la norme dans ce passage précis.
Formule de fin de lettre pour stage : ce qui affaiblit la candidature sans qu’on le remarque
Au-delà des erreurs de forme, certains réflexes de rédaction sapent la crédibilité du paragraphe de clôture.
La formule qui promet trop
« Je suis convaincu(e) que mon profil saura répondre à toutes vos attentes » est une phrase qui apparaît dans une proportion massive de candidatures étudiantes. Pour un stage, ce type d’affirmation sonne faux. Le recruteur sait que le candidat est en formation. Une formule finale crédible exprime la motivation sans survendre le profil.
Préférer une phrase qui ancre la suite concrète de la candidature : « Je serais heureux(se) de vous présenter ma démarche lors d’un entretien » dit la même chose, sans inflation.
La phrase de clôture qui répète l’introduction
Quand la lettre commence par « Votre entreprise m’intéresse particulièrement » et se termine par « C’est avec un grand intérêt que je souhaite rejoindre votre entreprise », le recruteur perçoit un manque de substance. La formule finale ne doit pas reformuler l’accroche. Elle doit ouvrir sur l’étape suivante (l’entretien, un échange téléphonique, la transmission de références).
L’excès de précaution
« En espérant que ma candidature retiendra votre attention » place le candidat dans une posture passive. Cette tournure, extrêmement répandue, donne une impression d’hésitation plutôt que de politesse. La remplacer par « Dans l’attente de votre retour, je reste à votre disposition » maintient la déférence sans la soumission.

Adapter la formule de politesse au format d’envoi : mail ou courrier
Le support modifie les attentes. Une lettre de motivation envoyée en pièce jointe d’un mail suit les conventions du courrier formel. Le mail d’accompagnement lui-même peut se permettre une formule plus courte.
- Dans un mail d’accompagnement court, « Cordialement » ou « Bien à vous » suffit. Réserver les formules longues à la lettre jointe.
- Si la lettre est intégrée directement dans le corps du mail (sans pièce jointe), une formule intermédiaire comme « Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées » reste adaptée.
- Pour une candidature envoyée via un formulaire en ligne où seul un champ texte est disponible, une formule courte et correcte vaut mieux qu’une formule longue tronquée.
La question du format se pose particulièrement pour les candidatures de stage en alternance, où les échanges passent souvent par des plateformes dédiées. Dans ce cas, le candidat a peu de contrôle sur la mise en page, et la formule finale gagne à être concise pour rester lisible quel que soit l’affichage.
La formule finale d’une lettre de motivation pour stage n’a pas besoin d’être originale. Elle a besoin d’être juste : adaptée au destinataire, cohérente avec le reste de la lettre, et formulée dans un registre qui correspond au secteur visé. Une phrase de clôture maladroite ne disqualifie pas toujours une candidature, mais elle laisse une dernière impression que le recruteur n’aura pas l’occasion de corriger avant l’entretien.

