Le dispositif ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) n’est pas une filière. C’est un point de départ technique à maîtriser pour comprendre les mécanismes d’orientation après la 3e. L’élève scolarisé en ULIS collège relève d’un PPS (projet personnalisé de scolarisation) notifié par la CDAPH, et les voeux d’orientation formulés en fin de 3e s’articulent avec ce cadre réglementaire, pas en dehors.
Affectation post-3e ULIS : le rôle d’Affelnet et des commissions académiques
Les articles grand public présentent les voies de poursuite (CAP, seconde pro, seconde GT) sans détailler le mécanisme d’affectation. En pratique, l’affectation passe par Affelnet et des téléservices académiques dont les modalités varient d’une académie à l’autre. Pour un élève ULIS, la procédure intègre un volet médico-social : la notification CDAPH, le GEVA-Sco, et parfois un avis complémentaire de l’enseignant référent.
Certaines formations à places contingentées (CAP dans des secteurs très demandés, ULIS lycée avec un nombre limité de places) font l’objet de commissions départementales spécifiques. Nous observons que les familles découvrent souvent ces commissions tardivement, ce qui réduit leur marge de manoeuvre sur les voeux.
Pour les demandes hors académie, la procédure se complexifie : il faut solliciter un dossier de dérogation et justifier le choix par l’existence d’un dispositif ULIS adapté au trouble de l’élève dans l’établissement visé. Ce point est rarement anticipé dans les ESS (équipes de suivi de la scolarisation) de début d’année.
ULIS lycée et voie générale ou technologique : une possibilité sous-estimée

L’orientation post-3e d’un élève ULIS est trop souvent réduite à la voie professionnelle. L’ULIS lycée peut accompagner un projet vers un diplôme général ou technologique. Le coordonnateur ULIS lycée GT intervient alors en soutien sur les méthodes, l’organisation du travail et les aménagements d’examen, dans le cadre du PPS.
Cette configuration reste minoritaire, mais elle existe et mérite d’être explorée lors de l’ESS de novembre-décembre de l’année de 3e. Le critère déterminant n’est pas le type de trouble notifié, mais le niveau d’autonomie scolaire de l’élève et sa capacité à suivre le rythme du lycée GT avec les compensations prévues.
Nous recommandons de poser la question explicitement en ESS : le coordonnateur ULIS et le psychologue de l’Éducation nationale (psy-EN) doivent argumenter leur avis, pas simplement orienter par défaut vers la voie pro.
CAP en lycée professionnel, CFA ou IMPro : critères de choix concrets
La majorité des élèves ULIS collège s’oriente vers un CAP en deux ou trois ans. Le choix de la structure d’accueil (lycée professionnel avec ULIS pro, CFA, MFR, IMPro) repose sur des critères précis qui ne se résument pas aux « goûts de l’élève ».
- Le lycée professionnel avec ULIS pro convient à un élève capable de suivre l’enseignement général du CAP avec l’appui du coordonnateur. L’accompagnement AESH peut être maintenu si la notification le prévoit.
- Le CFA (centre de formation d’apprentis) suppose une autonomie élevée : rythme alternance, posture professionnelle en entreprise, capacité à gérer seul les déplacements. Il faut signer un contrat d’apprentissage, ce qui implique de trouver un employeur avant la rentrée.
- L’IMPro (institut médico-professionnel) s’adresse aux élèves dont le projet nécessite une prise en charge éducative et thérapeutique importante, au-delà du seul cadre scolaire. L’orientation en IMPro relève d’une notification CDAPH spécifique.
- La MFR (maison familiale rurale) propose un cadre éducatif avec internat et alternance, dans un établissement privé. Le coût de scolarité est à anticiper.
Un élève qui ne parvient pas à obtenir le CAP se voit délivrer une attestation de compétences professionnelles, document qui valorise les acquis et peut faciliter l’insertion professionnelle ou la poursuite en formation adaptée.
Diplômes de fin de 3e et orientation ULIS : CFG ou DNB
Le diplôme national du brevet (DNB) n’est pas requis pour entrer au lycée. Ce point est souvent source de confusion pour les familles. Les élèves ULIS présentent fréquemment le certificat de formation générale (CFG), qui valide des acquis en français, mathématiques et vie sociale et professionnelle.
Le CFG ne ferme aucune porte d’orientation. Le conseil de classe de 3e formule une recommandation de voie (pro, GT, CAP), indépendamment du diplôme obtenu. En revanche, le type de diplôme préparé en 3e peut influencer la perception des équipes pédagogiques du lycée d’accueil. Nous conseillons d’inclure dans le dossier Affelnet un argumentaire précis sur les compétences de l’élève, au-delà du seul résultat au CFG.

Calendrier et préparation : les étapes à ne pas rater en année de 3e ULIS
L’orientation post-3e ULIS se prépare sur toute l’année scolaire, avec des échéances précises que les familles doivent connaître.
- ESS de début d’année (octobre-décembre) : poser les premières pistes, demander un bilan d’orientation au psy-EN, vérifier la compatibilité du PPS avec les voeux envisagés.
- Stages d’observation et stages en milieu professionnel : ils alimentent le projet d’orientation et permettent de tester la réalité d’un métier. Les périodes de stage sont parfois aménagées pour les élèves ULIS.
- Saisie des voeux sur les téléservices et Affelnet (printemps) : respecter les dates académiques. Les voeux doivent être cohérents avec le PPS et les conclusions de l’ESS.
- Commission d’affectation et résultats : prévoir un plan B si le premier voeu n’est pas satisfait, notamment pour les ULIS pro à places limitées.
Le coordonnateur ULIS collège est le pivot de cette préparation. Il fait le lien entre l’élève, la famille, l’enseignant référent, le psy-EN et l’établissement d’accueil. Ne pas attendre le troisième trimestre pour engager le dialogue : les places en ULIS lycée se jouent souvent sur la qualité du dossier et la précocité de la démarche.
L’orientation après la 3e ULIS ne se résume pas à choisir entre « lycée pro » et « IMPro ». Chaque élève dispose d’un PPS qui doit piloter les voeux, pas l’inverse. Le travail d’anticipation, la connaissance des procédures académiques et la mobilisation de l’ESS dès le premier trimestre conditionnent la qualité de l’affectation obtenue.

