L’absence de gratification lors d’un stage de moins de deux mois crée une différence de traitement rarement discutée, alors que les stages de plus longue durée imposent une rémunération minimale. Plusieurs obligations administratives s’appliquent, notamment la signature d’une convention tripartite et l’inscription du stagiaire dans le registre unique du personnel.
En cas de non-respect, des sanctions financières peuvent viser l’entreprise d’accueil. Certains droits, tels que l’accès aux tickets restaurant ou au remboursement partiel des frais de transport, dépendent de la politique interne de chaque structure et ne relèvent d’aucune obligation légale uniforme.
Le cadre légal des stages en France : ce qu’il faut savoir
En France, le stage ne s’improvise pas. Il répond à un cadre strict, posé par le code de l’éducation, qui impose la signature d’une convention de stage. Trois signatures sont requises : celle de l’établissement d’enseignement, de l’entreprise d’accueil et du stagiaire. Ce document détaille la durée du stage, les missions à accomplir, l’organisation de l’encadrement, et les droits attachés au statut. L’enseignant référent et le tuteur en entreprise sont désignés : leur rôle est de suivre le parcours du stagiaire, de la théorie à la pratique.
La loi limite à six mois par année scolaire la durée maximale d’un stage dans la même structure. Une mesure pensée pour éviter les abus : le stage ne doit jamais devenir un emploi déguisé. Autre point : la convention de stage doit prouver que le stage s’inscrit dans un cursus pédagogique clair. Sans ce lien avec la formation, il n’a pas de validité : l’expérience en entreprise doit être au service de l’apprentissage.
Du côté de l’entreprise, les obligations sont précises. Accueillir, encadrer, évaluer : voilà le triptyque attendu. Impossible de confier à un stagiaire des tâches correspondant à un poste salarié permanent. Le volume horaire et les objectifs pédagogiques sont actés dans la convention. Si la mission change, tout comme la durée du stage, il faut établir un avenant signé par toutes les parties. Cette vigilance réglementaire garantit que le stage reste avant tout une expérience formatrice, encadrée et cohérente.
Quels droits pour les stagiaires en entreprise aujourd’hui ?
Le stagiaire n’est pas un figurant dans l’entreprise : il dispose d’un ensemble de droits qui encadrent sa présence. Dès lors que sa durée de présence atteint deux mois consécutifs, la gratification devient obligatoire. Son montant ? 4,35 € de l’heure en 2024, soit près de 600 € pour un temps plein. Ce n’est pas un salaire, mais un droit rattaché à la présence effective du stagiaire.
La protection sociale est également prévue. Elle découle du code de la sécurité sociale. Le stagiaire bénéficie d’une couverture maladie et d’une assurance responsabilité civile, soit par l’école, soit par l’entreprise. En cas d’accident du travail, c’est à l’employeur de le déclarer : la prise en charge s’aligne alors sur celle d’un salarié sur ce point précis.
Voici les principaux droits complémentaires auxquels un stagiaire peut prétendre, selon la structure d’accueil :
- Accès au comité social et économique (CSE) : les activités sociales et culturelles proposées par l’entreprise peuvent être ouvertes aux stagiaires, à conditions égales avec les salariés.
- Droit aux titres-restaurant ou à la restauration collective, dans les mêmes conditions que les autres membres de l’équipe.
- Possibilité d’utiliser les moyens de transport subventionnés, si un accord d’entreprise le prévoit.
Ces droits traduisent la volonté d’assurer une équité minimale au sein de l’entreprise. La gratification n’est qu’un point de départ : la reconnaissance du stagiaire passe aussi par l’accès aux droits collectifs, dans la limite des usages en vigueur dans la structure.
Devoirs et responsabilités : ce que l’on attend d’un stagiaire
Le stagiaire occupe une position spécifique : il n’est ni bénévole, ni salarié classique. Dès son arrivée, il doit se conformer au règlement intérieur et aux habitudes de la structure d’accueil, tout en poursuivant son parcours pédagogique encadré par la convention.
Des qualités incontournables sont attendues : la ponctualité, l’assiduité, la discrétion. Toute absence doit être signalée à l’établissement d’enseignement et à l’entreprise, selon les dispositions prévues par la convention. Les autorisations d’absence sont restreintes : ici, le code du travail ne prévoit pas de congés payés, mais des jours de repos peuvent être accordés par accord collectif ou selon la politique interne, notamment lors des stages longs.
Le stage ne doit jamais remplacer un emploi permanent. Le code du travail l’affirme : le stagiaire ne peut pallier un manque de main-d’œuvre. Il lui revient aussi de respecter la confidentialité sur tous les aspects découverts en entreprise, des méthodes aux documents internes. L’employeur, en retour, doit veiller à la cohérence entre les missions confiées et le projet pédagogique.
Parmi les devoirs attendus, on retrouve :
- Respect du règlement intérieur et des règles de sécurité
- Signalement immédiat de tout incident ou difficulté rencontrée
- Production d’un journal de bord mettant en valeur l’apprentissage réalisé
La responsabilité du stagiaire se mesure aussi à la qualité de ses échanges avec l’équipe : capacité d’initiative, respect de la hiérarchie, attention portée aux retours. Ce positionnement hybride façonne une expérience à la fois professionnelle et pédagogique.
Démarches administratives et formalités à ne pas négliger
Avant toute prise de poste, la convention tripartite doit être signée : elle engage l’établissement d’enseignement, l’entreprise et le stagiaire. Ce document encadre la durée, les missions, les modalités d’encadrement et les objectifs pédagogiques. L’absence de convention expose l’employeur à des sanctions, voire à la requalification du stage en contrat de travail.
L’arrivée du stagiaire impose une inscription au registre unique du personnel. Cette démarche, obligatoire, atteste de la présence du stagiaire et de son rattachement à la structure d’accueil. Négliger cette formalité ouvre la porte à un contrôle de l’inspection du travail. L’employeur doit aussi transmettre toutes les informations nécessaires : règlement intérieur, contacts référents, règles de fonctionnement.
Les étapes administratives à respecter sont les suivantes :
- Signature de la convention tripartite
- Inscription dans le registre unique du personnel
- Remise du règlement intérieur ainsi que des consignes de sécurité
Le volume pédagogique doit être cohérent avec les contraintes de l’entreprise et reste sous la supervision attentive de l’enseignant référent. Si un litige survient concernant la nature ou la durée du stage, le conseil de prud’hommes peut être saisi. Maîtriser ces formalités, c’est s’assurer que chacun avance sur une base solide et sereine. Au bout du compte, le stage réussi est celui qui ne laisse rien au hasard : ni pour l’étudiant, ni pour l’entreprise.


